Les héritages culturels régionaux via les formes artistiques

Les héritages culturels régionaux via les formes artistiques
Solidarité, Kallisté : que sont nos cités devenues ? - 4.9 Ko

Projets 2009

Acelem - Marseille [ Photographie - Edition littéraire ]

Solidarité, Kallisté : que sont nos cités devenues ?

LES AUTEURS

> ACELEM

En 1993, la Ville de Marseille désirant favoriser la lecture et l'écriture dans certains quartiers, ceux où l'illettrisme est plus présent qu'ailleurs, choisit le C.L.A.M (Comité de Liaison d'Associations en Méditerranée) comme opérateur pour l'ouverture des Espaces Lecture. Créée en 1996, l'A.C.E.L.E.M (Association Culturelle d'Espaces Lecture et d'Ecriture en Méditerranée) prit le relais du C.L.A.M. pour assurer la gestion et le fonctionnement des Espaces Lecture.

Ces Espaces Lecture ont pour mission d'attirer les publics qui ne fréquentent pas les structures de lecture publique, les sensibiliser à la lecture et à l'écriture, servir de passerelles avec les bibliothèques municipales.
 
Ces lieux consacrés à l'animation autour du livre sont des structures de proximité, implantées au coeur des cités, au bas des immeubles, au plus près de la population des quartiers offrant ainsi une facilité d'accès à ces publics (consultation de la presse et de magazines, prêts de livres, ateliers multimédia, animations autour du livre et de l'écrit). Des actions sont menées en direction des écoles, collèges, lycées, crèches, haltes garderie, centres sociaux, clubs du 3ème âge... (ateliers d'écriture, de lecture, d'expression artistique, sur les thèmes des expressions urbaines, de la citoyenneté, la découverte des quartiers et de la Ville de Marseille, les cultures d'origines...) pour inciter à la découverte, l'échange, la rencontre et donner lieu à la réalisation de productions (albums, exposition, livre d'art, recueil) pour garder la trace de l'implication du public.
 
Les animateurs des ces Espaces Lectures qui oeuvrent au quotidien sur le terrain, ont acquis des compétences particulières dans le domaine spécifique de l'animation autour du livre. Mais au-delà de cette technicité indispensable à la réussite d'un projet, ce sont des passeurs de livres, le trait d'union indispensable pour relier leur public au monde des livres et des mots.

> SALIM HATUBOU, écrivain

Né en 1972 à Hahaya (Grande-Comore), Salim Hatubou a depuis toujours le goût des histoires, qu’elles soient écrites ou orales. A dix ans, il est contraint de s’installer dans les quartiers Nord de Marseille, nostalgique de son enfance comorienne.
 
Depuis une dizaine d’années, alors que le patrimoine oral des Comores est en perdition faute de mobilisation des gouvernements successifs et de la population, plus préoccupée à survivre dans un contexte social difficile, Salim Hatubou continue de se rendre au pays pour recueillir à la source les contes traditionnels. Il leur redonne également vie en revêtant son habit de conteur dans les festivals, théâtres, bibliothèques, écoles de France et du monde. Salim Hatubou anime enfin des ateliers d’écriture et continue de voyager à travers le monde pour faire entendre la voix des Comores et aussi celle de sa double culture.
 
Auteur de nouvelles, de romans et de poèmes, Salim Hatubou, édité pour la 1ère fois en 1994 par l'Harmattan, est considéré comme l’un des pionniers de cette littérature écrite comorienne d’expression française naissante. Parfois drôles (Marâtre, Un conteur dans ma cité), parfois graves (la trilogie sur la Mémoire et l’Identité : Métro Bougainville, De cette terre… Comores-Zanzibar…), les dénominateurs communs de ses livres restent l’Identité et la Mémoire. Auteur engagé, il porte un regard avisé sur ses deux pays et dénonce, si besoin est, leurs travers, au risque de s’attirer les foudres de certains détracteurs. Nombre de ses livres sont étudiés dans les écoles françaises et comoriennes (Chifchif et la reine des diables, Trois contes vagabonds, Marâtre, Ali de Zanzibar, Métro Bougainville…). Il attache une grande importance à la transmission de la culture et de la tradition. Il travaille enfin comme collaborateur pour différents journaux (Respect, Kashkazi…). L’écriture est le mode d’expression qu’il a choisi pour revendiquer ses origines, avec toujours comme devise "Sache d’où tu viens, tu sauras toujours où tu vas.

> JEAN-PIERRE VALLORANI, photographe

Né en 1962 à Marseille. Après une formation à l’école d’architecture de Marseille-Luminy puis en photographie, à l’Université de Provence, Jean-Pierre Vallorani devient photographe indépendant et journaliste, installé à Marseille depuis 1998, après dix années à Paris au sein de l’équipe du bar Floréal.photographie (association de photographes tournée vers le reportage de société). Parallèlement à ses projets artistiques et à l’animation d’ateliers photographiques, il réalise de nombreux reportages, commandes institutionnelles, expositions, publications dans la presse nationale.
Parmi ses réalisations personnelles (1998/2008), citons, de manière non exhaustive :
- "Comores Zanzibar", (2003-2007), l’identité de la communauté comorienne à Zanzibar, aux Comores, et en France, avec l’écrivain Salim Hatubou et le soutien de la Drac Paca et du Fasild, comme une suite du livre "Métro Bougainville" publié en 2000 aux éditions Via Valeriano, et de l’exposition à l’atelier De Visu et au Conseil Régional Paca à Marseille, avec le soutien du Fas et du Conseil Général 13.
- "Alger nooormal", un livre aux éditions Françoise Truffaut (Paris 2005), une exposition à la galerie de l’Agora d’Évry (novembre-décembre 2006). Un portrait sensible de l’Alger contemporaine, en collaboration avec les journalistes algériens Aziz Smati et Mohamed Ali Allalou, avec le soutien du Ministère des Affaires Étrangères et du Centre Culturel Français d’Alger.

Ses publications dans éditées par Le Monde, L'Express, Le Nouvel Observateur, Télérama, Libération, l’Humanité, La Croix, l’Etudiant, Les Inrockuptibles, VSD, Le Monde Diplomatique, Que Choisir, Sciences Humaines, l’Usine Nouvelle, La Pensée du Midi, Pays de Provence, Mars Magazine…

> SOLY M'BAE, auteur compositeur

M’Baé Tahamida Mohamed dit SOLY écrit des chansonnettes et des poèmes depuis son enfance. Mais c’est seulement en 1983, à l’île de la Réunion qu’il découvre le Hip Hop et ses fondements. Dès lors, ses textes vont prendre une autre tournure : une Rapoésie engagée, sociale et citoyenne.
Six ans après, Soly débarque en Métropole pour suivre des études en administration économique et sociale à la faculté d’Aix-en-Provence. C’est également à cette époque, qu’il fait la connaissance du groupe de rap B.VICE dont il devient l’auteur et compositeur attitré. Il anime parallèlement des ateliers d’écriture et de M.A.O., en particulier au sein de la Sound Musical School B.VICE, créée en 1991 dans le quartier de la Savine. Il intervient également auprès des institutions publiques et privées (centres sociaux, établissements scolaires, police, associations…) afin d’apporter un éclairage objectif du mouvement à une opinion peu ou pas du tout au fait de sa philosophie. C’est d’ailleurs cette dernière qui l’a amené à devenir un acteur reconnu dans le milieu associatif de Marseille : il est actuellement directeur de la Sound Musical School B.Vice après y avoir exercé la fonction de secrétaire et de président durant près de quinze ans.
Parcours atypique pour un rappeur - et son CV l’atteste – ses rencontres lui ont valu de collaborer aussi bien avec des documentalistes, des réalisateurs, des rappeurs, des chanteurs, des animateurs radio que des écrivains.
Sélection non exhaustive :
- 1996 : "La vertu des grands ensembles" (film documentaire du CNRS), compositeur, illustration musicale ; "La ville en marche" (film documentaire de D. Bidoubayele - Les Films du Soleil), auteur compositeur, illustration musicale.
- 1997 : B.VICE Respects (CD en Hommage à Ibrahim Ali), auteur de 2 titres ; "Les comoriens de Marseille" (film documentaire pour l'émission Sagacité sur France 3) compositeur et illustration musicale.
- 1999 : "Parce Qu’ils ont tué Ibrahim Ali" (film documentaire d’A. Dufau - Carnet de Ville), compositeur et illustration musicale ; "La face cachée de Mars" (compilation rap - Globe Music), auteur compositeur de 2 titres.
- 2000 : "La ville est tranquille" (film de R. Guédiguian - Agathe Film), une composition musicale.
- 2002 : "Psy 4 de la Rime" (album Block Party - 361 Records).


L'OEUVRE

"Solidarité, Kallisté, que sont nos cités devenues ?" est un travail sur la restitution de la collecte de mémoire des habitants des cités voisines de la Solidarité et de Kallisté (en cours de réhabilitation et de rénovation) dans le 15ème arrondissement de Marseille par trois artistes : Salim Hatubou, écrivain, Soly M’Bae, auteur-compositeur, et Jean-Pierre Vallorani, photographe à travers une exposition scénographiée et la publication d'un ouvrage.
Les objectifs sont de :
- faire émerger, préserver et transmettre la Mémoire des cités de la Solidarité et de Kallisté.
- retracer les parcours de certains habitants mais aussi de ces ensembles qui sont sans cesse en mutation.
- permettre aux habitants de s'approprier leurs histoires de vie et celles de ces lieux.

Le point de vue des artistes :

Salim Hatubou : "La Solidarité, chemin de la Bigotte, bâtiment L11, appartement 497, 10ème étage, 13015 Marseille, France. Je me souviens de cette adresse écrite, toujours en bleu, derrière chaque enveloppe et colis que m’expédiait mon père, émigré en France. Ces mots ont accompagné ma tendre enfance, là-bas, aux Comores, dans l’Océan Indien. Aussi loin que remonte ma mémoire, je me revois dans la cour de récré ou pendant les matchs de foot sur les terrains poussiéreux du village, en train de montrer fièrement cette adresse à mes camarades  de jeu en répétant : La Solidarité ! C’est là que j’irai quand mon père viendra me chercher ! La Solidarité !".

Pour Salim Hatubou, qui recueillera les témoignages entre autres de ses amis d'enfance, il s'agira d'écriture, réécriture et retranscription sur les thèmes du souvenir, de la mémoire et de la transmission sous forme de textes courts, poétiques lues facilement à haute voix.

Jean Pierre Vallorani : "Un quartier, un décor va changer, des appartements disparaître, des rues retracées, un escalier, un banc, un balcon, auxquels s’accrochent des nuages de souvenirs qui comptent, pour lui, pour elle, et qui influencent des vies pour l’avenir. Le grand ménage, l’occasion de rouvrir les boîtes poussiéreuses, les albums aux feuilles collées d’avoir été oubliées dans l’armoire, le souvenir du grand amour raté, du meilleur copain qui travaille on ne sait où maintenant. L’occasion de mesurer le chemin parcouru, d’ouvrir sa porte et ses fenêtres pour se dire 'tout est encore à faire !'. Qu’est-ce qui fait un quartier ? Tant de choses se cachent dans quelques centimètres carrés de photo pâlie, d’ours en peluche ou de graffiti dans le béton. Tant de secrets, un plus un, plus un, qui nous ont faits tels que nous sommes, si riches d’impressions, d’odeurs et de sensations, le grain de sa peau, le goût du plat, la poussière du terrain de foot…
Un travail photographique à mener avec les habitants, où les mots se mêlent aux images, retrouvées, recomposées, ou réalisées aujourd’hui, pour mettre à jour une mémoire intime et sensible, le sentiment d’une communauté fondée sur l’expérience de chacun".


Pour Jean-Pierre Vallorani, il s'agira de poursuivre les ateliers de prise de vues et de traitement des images recueillies, d'organiser des moments de restitutions du travail en cours, rassembler les documents et concevoir leur restitution. À travers ce travail photographique avec les habitants où les mots se mêlent aux images retrouvées, recomposées ou réalisées aujourd'hui.

Soly M'bae : "Travailler sur la mémoire est donc une chose tout à fait naturelle, voire vitale pour le fils d’exilé que je suis. Essayer de comprendre les autres, de cerner leurs tourments, leurs questions est une façon pour moi de trouver les réponses que je recherche depuis mon enfance. Depuis mon arrivée en France, en particulier à la Savine ou je vis et travaille depuis 1989, j’ai vu des réhabilitations et ses cohortes de déplacements, d’exils et aucun travail digne de ce nom n’a été entrepris pour sauvegarder la mémoire des habitants. Qui se souvient encore des batiments B et C de la Savine. Et pourtant combien de gens y ont habité, combien y sont nés, combien y sont morts, combien y ont grandi, combien s’y sont unis pour le meilleur et pour le pire ?
Depuis toujours, la question de la mémoire fait partie intégrante de mon travail d’animateur socioculturel. Pour savoir où tu vas, il faut savoir d’où tu viens, dit l’adage. Il me renvoie à ma propre histoire et celle de ma famille. Je connais ce que veut dire le déracinement, le fait de vivre loin de ses racines et de s’inventer une nouvelle identité dans un lieu étranger".


Pour Soly M'Baé, il s'agira d'articuler et de relier le travail de l'auteur et du photographe par son travail de composition musicale (slam, rap, r'n'b, variétés) avec des textes interprétés par des professionnels. Des extraits d'interviews et bruitages collectés complèteront le CD.


LE CONTEXTE PAR RAPPORT A IPM

Les cités voisines de La Solidarité et de Kallisté, situées dans le 15ème arrondissement de Marseille, vont entrer dans un processus de réhabilitation et de rénovation qui va modifier le quartier en profondeur.
Ces ensembles, construits voilà une quarantaine d’années, ont vu passer plusieurs générations de familles marseillaises, dont une grande partie issues de l’immigration.
Avec les années, les problèmes de chômage et de précarité ont enfoncé la grande majorité de leurs habitants dans les difficultés qui perdurent et s’aggravent, comme dans de nombreuses cités semblables en France. Les bâtiments se sont dégradés, leurs habitants souffrent à la fois des mauvaises conditions de vie et du regard dévalorisant du reste de la société. Pourtant, des centaines de noms se sont accrochés aux sonnettes des appartements, qui ont été les décors d’une infinité d’événements, qu’ils soient très intimes ou plus publics : la vie, tout simplement.
Des parcours qui constituent une Mémoire à laquelle ce projet se propose de donner une forme : avant les changements effectués sur les lieux, il est utile de cristalliser une histoire ancrée dans diverses identités, dans laquelle les habitants prendront toute leur part. Chacun, à l’intérieur ou à l’extérieur, pourra se retrouver, dans son authenticité.


L'AGENDA

Programme du 16 décembre 2009 - 29 Ko

Programme du 16 décembre 2009

1) Mars à décembre 2009 : recueil et collecte de donnée
Les interventions seront menées en parallèle par les trois artistes, en s’appuyant sur les acteurs associatifs du quartier, les centres sociaux, mais aussi les écoles et le collège, une approche plurielle sera menée, croisant trois regards différents sur l’histoire de ce quartier et les éléments recueillis avec les habitants (photographies de famille, vidéos, enregistrements, objets-souvenirs,...).
- Mercredi 16 décembre 2009 à 14h : Restitution des premières données recueillies, sous forme de bilan artistique intermédiaire lors de la manifestation "Trajets d'écritures" organisée du 15 au 18 décembre 2009 à la Bibliothèque Départementale des Bouches-du-Rhône (18-20 Rue Mirès 13003 Marseille 04 91 08 61 00 www.biblio13.fr)

2) Janvier à juillet 2010 : poursuite de la collecte et approfondissement des entretiens.
Elle assura la continuité et l'approfondissement du travail entamé lors de la première phase par les trois intervenants.

3) Septembre à décembre 2010 : restitution
Il s'agira de la mise en forme des données recueillies (photos, textes et sons), suivant les intentions exprimées par les artistes.
Présentation en décembre 2010 du travail réalisé via une exposition scénographiée à la Bibliothèque Départementale de Prêt.
Publication et diffusion de l'ouvrage à 2000 exemplaires.


LES CONTACTS

ACELEM
Association Culturelle d'Espaces Lecture et d'Ecriture en Méditerrannée
13 Allées Léon Gambetta
13001 Marseille
T. 04 91 64 44 84
F. 04 91 64 26 77
acelem@wanadoo.fr
www.acelem.org


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